Notre Roustan n°10
LOL&TRALALÈRE

Inspiré (pour ne pas dire carrément copié) du festival Lol&Lalala d’Anduze, la première édition du festival Lol&Tralalère de Saint-Roustan a été une franche réussite.
La commune toujours en situation de canicule et de risque incendie, c’est à l’intérieur de la salle polyvalente Pépin Gourguechon qu’ont eu lieu l’ensemble des spectacles, animations et rejouissances. Entrés gratuitement sur présentation de leur certificat de non-existence, les habitants de Saint-Roustan ont ainsi pu oublier l’espace de trois jours la bombe qui les a rayés de la carte et les méga-feux qui ont suivi.
C’est la talentueuse Givrée qui a ouvert le bal, ce jeudi, avec son répertoire de chansons humoristiques accompagnées à la flûte à bec. Une comédie musicale qui a enjoué l’assistance, même si quelques membres du public ont regretté que ses chants et son jeu de flûte soient interprétés simultanément.
La troupe des Voltigeurs du Lol, ensuite, a offert aux spectateurs un show digne d’un cirque burlesque. Saute-mouton, roulades acrobatiques et jonglage avec des blagues à tabac, de quoi s’en mettre plein les yeux.
Invité d’honneur, c’est l’humoriste local Sylvio Mogadoni dit « Sacoche » qui a clôturé la soirée en regalant l’assistance de son austérité légendaire. Une fois de plus, un spectacle parfaitement réussi pour Sacoche, qui n’a pas déclenché un seul rire dans l’auditoire avec ses blagues pas drôles, que tout le public connaissait sur le bout des doigts. Sans oublier le clou du spectacle, au bout de 3h45 de prestation absolument « dédésopilante », sa fameuse blague pas drôle du « chien qui traverse la route et qui, PAF !, arrive de l’autre côté. »
Parmi les invités musicaux, nous avons également pu nous délecter de la prestation des Bretelles Claquantes avec un show 100% instrumental cette fois, aucun chanteur n’ayant été trouvé pour remplacer le précédent, tragiquement mort étouffé par sa guindoche lors du Boulet Rassilarien. Cela n’a pas empêché le bretelliste Émile Faurisson d’impressionner l’assistance avec un solo de bretelles de 45 mn !
À leur suite, la scène encore moite de sueur, les Serrurier Noir nous ont régalé de leurs plus grands tubes : « Gaston », « Ne pas vivre ivre ou pourrir » ou encore « Chromosome non-genré »… Sans oublier l’inoubliable quoique osé « La vieillesse enquiquine le front cérébral ».
Pendant toute la durée de l’événement, les festivaliers autant que les festivalières ont pu se restaurer au stand de coucouilles et de « prépuces de porc farcis à la netanyaouse » de Martine Péquelin. Et comme d’habitude malgré que ce fut la première édition du festival, c’est Monsieur le maire Guilhem Maurice en personne qui a tenu le bar à Schtoutz, en rappelant à chaque client les consignes de modération relatives à la consommation d’alcool et de lard.
Quelques couacs, cependant, ont été à déplorer.
D’abord, l’annulation du seul-en-scène de Farid Benbibi, malencontreusement retenu en garde à vue après un contrôle d’identité poussé à l’entrée de la salle.
Ensuite, l’arrivée sur scène de Dédé qui, non content d’avoir cassé deux projecteurs avec sa démonstration de diabolo, a vomi sur l’ensemble du premier rang avant d’être traîné dehors par les gardiens de sécurité. Il s’est avéré qu’il était entré avec un faux certificat à l’effigie d’Aymeric Lompret.
Enfin, « l’espace fumeurs » installé dans le hall. Un Algeco hermétique dans lequel les addictes de la cigarette pouvaient venir inhaler la fumée de combustion de deux barils de tabac embrasés sans déranger les autres. Une bonne idée, si la porte n’était pas restée bloquée, provoquant la mort par asphyxie de 27 fumeurs.
3 journées plus ou moins inégales néanmoins, puisque tous les artistes ayant été programmés le premier jour, les festivaliers ont occupé les deux suivants à vider le stock de Schtoutz et à interpréter leurs propres spectacles, réservés aux plus de 18 ans, avant la réouverture des portes.

SYLVIO MOGADINI
« L’humoriste qui ne fait pas rire ». Fan éternel de l’humoriste Hypolite de Guémenez, mort d’un éclat de rire en 1911, il a choisi de suivre la voie de son aïeul mais sans la drôlerie qui a causé le décès de ce dernier. « J’ai appris de ses erreurs », dit-il. Parmi ses meilleures blagues pas drôles, citons « C’est l’histoire d’un mec qui croyait avoir perdu ses lunettes dans la Loire, et qui les a finalement retrouvées dans la poche de son pardessus. » Ou « C’est un trisomique qui rentre dans une boulangerie et qui dit « Auriez-vous de la tarte au concombre s’il vous plaît ? » Alors le boulanger lui tend une part de tarte au concombre et lui demande « Et avec ceci ? » « Ce sera tout, merci », répond le trisomique. »
Pascal Savran
ÉDITION PAPIER





















