Les Échos de Saint-Roustan n°22
Le point sur la crise de crue
« Que fait la municipalité ? »
« Que fait la municipalité ? », se demandent les habitants interrogés (et sans doute choisis pour orienter l’information de sorte qu’elle discrédite la municipalité) dans la dernière édition du Saint-Roustan Post, toujours prompt à faire des vagues.
Eh bien comme l’a justement rappelé Gilles Tartin, conseiller municipal, dans les mêmes colonnes du Post : la municipalité travaille jour et nuit à trouver des solutions à la crise de crue.
Parmi les preuve de son activité effrénée, citons par exemple la publication d’un « Plan d’évacuation de la cité » ; le test de jet-skis par Monsieur le maire en personne sur le toit de la mairie afin de fournir aux administrés des moyens fiables et efficaces pour fuir en cas de submersion ; la réunion de crise qui s’est tenue hier en présence de Guilhem Maurice, le chef d’état-major de la garde suprême, un expert en BTP et la femme de ménage de la mairie, Francette Mollu (dont nous vous livrons le témoignage ci-après).
Et parmi les dernières idées proposées : la mise à disposition des Arènes de Crocorrida pour accueillir les sinistrés ainsi que la distribution d’« échelles limnimétriques portables » (sorte de règles graduées permettant de mesurer le niveau de l’eau).
Et pour finir de rétablir la vérité sur l’implication exemplaire de notre bon maire Guilhem Maurice à gérer la crise, il dormirait sur le toit de la mairie jour et nuit, mal rasé et vêtu d’un sweat-shirt…
Jean-Christophe Tartin
Francette Mollu, femme de ménage
Des rats d’eau, y avait des rats d’eau partout quand j’ai passé la serpillière sur le barrage, pour effacer les tags au jus de betterave de la racaille woke des beaux quartiers de la ZAD. Et ils s’en foutent plein la panse, les rats, hein, pas les wokes, les wokes eux, y s’en foutent plein les poches. Ils sont en train de nous de boulotter notre barrage ces sales bestioles, toujours les rats, hein, même si les wokes c’est des sales bestioles aussi. Des écoterroristes, moi j’vous dis, les wokes hein, pas les rats. J’sais moi comment y va nous lâcher l’barrage, y va finir chié par les rats d’eau, ça c’est la vérité, moi j’vous l’dis. Mais qui qu’écoute la femme de ménage, hein, personne. Quand ça va péter faudra pas me d’mander d’esponger, j’vais m’barrer avec un radeau et ciao, pas un rat de flotte, un petit bateau, hein, mais pas un slip, une barque quoi…
Propos recueillis par Maryse Marise
Le barrage : pétera, pétera pas ?
Pour répondre à cette question, nous avons invité Étienne Kline, sociologue, et Yves Leglu, architecte hydraulogue. Un entretien dirigé par Kévin Chaussard.
KC : Étienne Kline, le barrage, pétera, pétera pas ?
EK : Je pense que la vraie question à se poser, c’est : serons-nous du bon ou du mauvais côté du barrage s’il advient qu’il cède ?
YL : Et s’il ne cède pas ? Rien pour le moment ne dit qu’il puisse céder.
EK : Et les Saint-Roustan Papers qui révèlent des vices dans la construction, qu’en faites-vous ?
YL : Soyons sérieux. On n’a pas vu les pièces.
EK : Quelles pièces ?
YL : Je ne sais pas mais on ne les a pas vues.
KC : Messieurs s’il vous plaît…
EK : Et que savons-nous du fait qu’il ne serait pas préférable, au fond, qu’il cède, ce barrage ?
YL : Soyez raisonnable. Dans les films, c’est quand le barrage cède que la catastrophe se produit.
EK : On n’est pas déjà en état de catastrophe, selon vous ?
YL : C’est vous qui êtes catastrophique Monsieur Kline. Tant qu’on a la tête qui dépasse de l’eau, je ne vois pas où est le problème.
KC : S’il vous plaît…
EK : Ça dépend de la hauteur de la tête. Certains dont je tairai le nom sont assez bas de plafond, si vous voyez ce que je veux dire.
YL : Je ne vous ai pas invectivé, ne m’invectivez pas, charlatan.
KC : S’il vous plaît…
EK : Ta mère elle suce des berniques à la Roustignole.
KC : S’il vous plaît Messieurs !
YL : Enculé.
EK : C’est celui qui dit qui y’est.
Édition papier :



















Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !