Les Échos de Saint-Roustan n°19
La Dépêche empêchée !
Opération : annulée !
La Roustinière n’en finit pas de déborder, mais nous mettons le nez hors de l’eau pour faire le point sur la situation de nos confrères et consœurs de La Dépêche de Saint-Roustan.
La Dépêche empêchée !
Depuis quelques semaines déjà, l’hebdomadaire réputé de Saint-Roustan La Dépêche ne paraît plus.
Une drôle de sensation quand on sait l’importance de l’horoscope pour les Rassilariens.
Le départ de quelques journalistes vers l’équipe qui envisageait de faire paraître un nouveau titre qui devait, à les entendre, provoquer un énorme choc dans Saint-Roustan pourrait y être pour quelque chose.
Toujours remis au lendemain, son comité de rédaction ne s’est réuni qu’une seule fois. À cette réunion, le titre (le Procrastinateur !) avait été choisi et depuis plus rien n’a été fait.
Du plomb de typographie
Pour ce qui est de La Dépêche, le représentant du Syndicat des travailleurs explique que cela n’a rien à voir. Il paraîtrait que le vide-cave annoncé dans les locaux de ce journal a fait se précipiter tous les anciens linotypistes de l’imprimerie pour aller récupérer les caractères et les barres de plomb… pour la pêche.
Ceci expliquerait que le mot grève n’indiquait qu’un appel à l’immense concours de pêche organisé sur les berges de la Roustinière avec, cette année, un critère ajouté : en plus du poids de poisson, la ténacité était primée.
Durant des berges
Notre correspondant n’en croyant pas ses oreilles, il s’est rendu sur les lieux et, effectivement, un grand nombre de pêcheurs assoupis sur des transats ont des cannes à pêche plantées de part et d’autres, certaines avec des grelots. Il y aurait parmi eux, des non-syndiqués qui ont suivi le mot d’ordre : tous à la grève !
Ils sont alignés sur la berge, la plupart sous plusieurs couvertures, leurs épouses les alimentant et convoyant leurs pots et ils jurent tous « tenir jusqu’au bout ».
Une piste donc pour la disparition simultanée des travailleurs du livre et du plomb.
Il ne faut cependant pas tout prendre au premier degré. Il se peut que des chasseurs aient aussi profité de l’aubaine pour approvisionner un certain laboratoire de confection de balles clandestin.
Les services des enquêteurs sont sur la piste d’un certain Cartouchier et sa famille, ancien typographe de l’imprimerie, devenu ferrailleur.
Il est vraisemblable que nous connaîtrons le fin mot de l’affaire dès que nos confrères auront pu faire paraître leur version des choses, vue de l’intérieur.

Dessin original : Bertille Razillac
Édition papier :



















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