Les Échos de Saint-Roustan n°41
Édito
L’annonce de la destruction de Saint-Roustan par Pierre-Emmanuel Barré a plongé la rédaction dans la torpeur, ainsi qu’elle l’a fait avec la population rassilarienne entière, hormis les habituels étourdis qui, n’ayant pas encore écouté la chronique, n’étaient même pas au courant qu’ils étaient morts.
Jean-Christophe Tartin
Les grandes funérailles
Saint-Roustan rayé de la carte, purement et simplement, voilà qui est dur avaler et c’est sans grand enthousiasme que les habitants ont assisté, hier 18 juillet, à leurs propres funérailles.
Les Rassilariens ne croyant en Rien, la municipalité s’est contentée d’une célébration sobre. Après l’éloge funèbre de 9 heures prononcé par le maire Guilhem Maurice à l’égard des 8701,5 habitants disparus, lors duquel certains en ont profité pour rectifier quelques points embarassants de leur biographie, l’édile a fait usage de la grâce municipale en déclarant l’amnistie générale des administrés condamnés ou en instance de procès, lui compris, comme il est de coutume envers les défunts. « Quelles que soient leurs fautes, détournement de fonds ou conflits d’intérêts, trafic d’influence ou fraude électorale, falsification de données ou #metoo, les défunts et les défuntes ne représentant une menace pour personne, nul Rassilarien et nulle Rassilarienne ne saurait être poursuivi jusque dans son repos éternel. » Un moment touchant d’humanité et de pardon.
leurs noms ont été consciencieusement inscrits au burin sur le monument aux morts. La cérémonie s’est terminée avec un grand banquet où la Schtoutz était censée couler à flots comme il est de coutume à Saint-Roustan, mais les esprits n’étaient pas à la fête.
Beaucoup refusant encore d’y croire et se réfugiant dans un confortable déni, chacun est ensuite rentré chez soi, reprenant le cours de son inexistence et s’en retournant à ses occupations comme si de rien n’était.
« Mais tout de même, a déclaré le maire en « off », ce Pierre-Emmanuel Barré, il faudra bien qu’à Mandoné on connaisse ses intentions… Parce que là, quand même, on trouve qu’il pousse le bouchon un peu loin. »
Blandine Legland
ÉDITION PAPIER





















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