Edamsborg – Journal d’un marcheur de nuages n°5
Crypto super-héros
Juste au moment où Pierre-Emmanuel Barré allait relayer, pour Saint-Roustan, l’initiative prise au plus haut niveau de dépister les consommations de substances y compris au sein de la municipalité, maire compris, voilà que Guilhem Maurice prend le taureau par les cornes, histoire de détourner l’attention.
Et de la plus belle façon : une lettre ouverte au créateur lui intimant quasiment l’ordre de lui obéir en rendant publiques toutes les lettres reçues de habitants de Saint-Roustan durant son silence radiophonique.
Ce courrier est suffisamment répandu dans tous les baveux du bled pour considérer que tout le monde l’a lu. Ce que personne n’a lu, et c’est pas faute d’en avoir subi une publicité insensée, c’est sa BD.
Il nous dit qu’il a fait une BD qui dit la “vraie vérité” sur la vie de Saint-Roustan, ses origines, son héros Val-Pourri (ou un truc comme ça) en prenant au bond les dernières modes en matière politique : la BD auto-bio-mytho-mégalo…
Rien qu’à voir sa couverture, on ne va pas le soupçonner d’une humilité excessive…
Ce qu’on aimerait comprendre c’est une espèce de concomitance que personne n’a notée : c’est la jeune stagiaire (soit-disant ukrainienne qui s’est avérée russe même si elle ne parle qu’anglais) qui avait déjà trafiqué le logiciel de comptabilisation des voix pour le référendum, c’est elle qui a été chargée de crypter la clé usb que, charitablement, la mairie a expédiée tout azimuts et qui est sensée contenir la BD. Résultat : personne ne l’a lue.
Et comme ces messieurs de la presse ne veulent pas passer pour ce qu’ils sont : des “en retards d’une guerre” (disait-on de mon temps), il leur faut demander au neveu de 12 ans comment c’est possible qu’un fichier pdf soit crypté…
Il y en a même qui ont lancé des appels au secours dans tous les recoins (même allocousins).
D’autres, vous allez voir, vont imaginer des scènes à partir de supputations.
Et que le super-héros Guilhem Maurice va payer un taxi à un sdf, arrêter un train pour laisser passer une caravane de chameaux ou même arrêter un voyou attaquant au pistolet à eau au bord de la Roustinière.
Demain, penser à me frotter les mains en arrivant au Kiosque de Saint-Roustan pour prendre toute la presse locale, m’installer à la terrasse du café et accepter, pour une fois, une de leurs chocolatines pour mon thé au lait.
Il est quand même gonflé ce maire de mettre un doute sur l’existence de son créateur.
Dom Fargas
ÉDITION PAPIER





















On dit pain au chocolat !