Notre Roustan n°9

SUPERMAURICE

L’interview de Guilhem Maurice par Pascal Savran

– Je me suis évidemment régalé du contenu de cette bande-dessinée, mais j’ai pensé que nul n’en parlerait mieux que son auteur. Alors, Guilhem Maurice, que raconte-t-elle, cette BD ?

– Elle raconte simplement la vie quotidienne d’un maire entièrement au service de sa ville et de ses administrés. Et il se trouve que ce maire, c’est moi, humblement. Et comme vous avez pu le constater, elle raconte une réalité très éloignée de ce qu’en a fait Pierre-Emmanuel Barré dans ses chroniques.

– Pouvez-vous, sans trop se poiler comme disent les jeunes, en décrire quelques scènes pour nos lectrices et lecteurs avant sa parution publique ?

– Oh je suppose que les gens préféreraient le regard neutre et objectif du journaliste plutôt que la version forcément subjective que j’en donnerais… Connaissant votre sérieux, vous avez certainement pris des notes sur vos papiers ?

– Euh… Je n’ai pas de papiers…

– Oui ! Voilà, c’est une scène intéressante. Un jour, la police a emmené un sans-papier à la mairie. La secrétaire l’a fait asseoir dans la salle d’attente. Il a demandé à aller aux toilettes, et il en est ressorti en disant « y’a pas de papier ». Ayant tout entendu, je lui ai tendu un rouleau tout neuf. Voilà comment le problème a été résolu.

– Merveilleux. Accepteriez-vous d’en dévoiler une autre ?

– Ah oui ! L’histoire de Fadila… C’était l’année dernière au Square Childéric Maurice. Une promeneuse s’était retrouvée totalement enveloppée par une tenture noire, sans doute emportée par la pistrouille. Passant par là par hasard et alors que les passants indifférents se moquaient, je me suis précipité pour la dévoilée. Se retrouvant en sous-vêtements, elle ne m’a guère montré de reconnaissance mais c’est aussi ça, l’abnégation désintéressée, je n’ai jamais rien attendu en retour de mes actions.

– L’ingratitude… D’après ce que je sais, vous écrivez en écoutant de la musique. Quel style appréciez-vous ? Fusion ? Metal ?

– Je vois où vous voulez en venir. En 2005, l’entreprise sidérurgique Harceleur-Mitard était en difficulté économique. Même si ce n’est pas du tout mon style de prédilection, il faut parfois savoir faire des sacrifices, j’ai pris l’initiative d’offrir à tous les habitants de Saint-Roustan la discographie complète de Metallica afin de relancer l’industrie de la métallurgie.

– Bravo. Votre bande-dessinée, c’est aussi un moyen de rétablir la vérité concernant la façon péjorative dont Pierre-Emmanuel Barré à décrit votre rôle dans certains événements de Saint-Roustan, nous nous y intéresserons lors d’un prochain entretien. Merci.

– Merci à vous.

ÉDITION PAPIER

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