Edamsborg – Journal d’un marcheur de nuages n°1

Louche la babouche

L’erreur à ne surtout pas commettre est de tirer des conclusions un peu trop hâtives. Fort de ce principe, Edamsborg était perplexe sur la présence de la babouche comme indice indubitable de la culpabilité de qui que ce soit.

Plutôt persuadé que ce n’était qu’un leurre pour orienter les recherches sur une mauvaise piste, l’ex-commissaire préférait ne tenir aucun compte des théories fumeuses du KRN si prévisibles. Ce sont des taureaux face à une muleta, se disait-il.

Pendant qu’ils éructent, la presse se déchaîne contre les enquêteurs qualifiés d’incapables.

Il n’était pas loin de partager cette opinion : après tout, qui était capable dans ce monde ?

Pas lui. Il ne rêvait que de pêcher la truite mais même pour ça, il avait des doutes sur ses aptitudes. La dernière fois qu’il avait essayé, il avait attrapé un brochet, c’est dire…

Sa mise à la retraite anticipée avait mal commencé. Aussi, son statut d’enquêteur auto-entreteneur de neurones l’aidait à ne pas dériver, croyait-il.

En même temps, qui avait intérêt à mener sur des fausses pistes si ce n’est les vrais coupables ?

Donc, les vrais coupables n’ont rien à voir avec des babouches. L’association facile avec les manouches laisse à penser que les responsables du tag ont une piètre idée des capacités déductives des enquêteurs.

On peut en déduire que ces gens n’aiment pas la police au point de la mépriser.

A moins que la babouche n’ait absolument rien à voir avec la présence du Z qui barra le saint. Auquel cas, inutile de poursuivre des recherches dans cette direction.

En reprenant du début, Edamsborg se demandait où était le problème. Un Z avait barré le saint, et alors ?

Le personnel municipal l’avait effacé. L’affaire était close. A quoi bon se casser la tête ? Déjà, le laboratoire n’avait donné que l’adresse de la quincaillerie où la peinture avait été achetée, les images de vidéo-surveillance montré une silhouette svelte.

Il suffisait de placer une caméra derrière le panneau au cas où quelqu’un recommencerait.
Si personne ne refaisait ça, tout irait bien.
Si quelqu’un le refaisait, ça irait mal pour lui.

Mais pourquoi les brochets se font prendre à la pêche à la mouche, c’était un mystère…

Édition papier

Edamsborg - Journal d'un marcheur de nuages n°1

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire