La Voix de la ZAD n°6
Les manouches n’en étaient pas… Ce sont des Rassilariens stygmatisés.
Je hais les explorations et les voyageurs. C’est dans cet état d’esprit que notre anthropologue est allé interviewer les soit-disant « manouches » pour comprendre comment ils étaient arrivés là.
Deux constatations consternantes : ils ne sont pas manouches et ils sont Rassilariens !
Les manouches (terme parfois générique voire familier qui comprend une bonne partie de méconnaissance et de subjectivité) sont issus de peuples qui ont laissés des traces et des populations en Europe de l’Est (les tziganes et leurs violons), en Espagne (les gitans et leurs guitares) et sont caractérisés par la population sédentaire comme des « gens du voyage ».
Il aura suffi de constater que les habitants des bords de la Roustinière sont installés dans des caravanes pour qu’ils soient considérés comme tels.
Mais voilà, une enquête généalogique montre que cette population a commencé à s’implanter là au moment du passage de l’Ancien Régime à la création des communes.
Fils et filles de rien
En effet, ce sont les enfants et descendants des laquais et valets qu’employaient les Rassilariens riches qui n’avaient pas assez de combles à aménager en chambres de bonnes ou qui ne voulaient pas les côtoyer.
Ils avaient acquis tout un lot de caravanes lorsque le cirque Chambron s’était installé là mais que tout le clan avait disparu.
On a parlé d’un virus qu’ils avaient contracté on ne sait où et l’édile de l’époque les aurait fait déporter mais on ne peut pas croire une chose pareille…
Voyant le confort et surtout la disponibilité de ces caravanes, le président de la Guilde des commerçants après les avoir fait désinfecter les avait mis à la disposition du syndic de la ville pour loger le petit personnel.
Pas fou tout de même, il les avait parquées sur la seule parcelle du cadastre communal enregistrée sous forme de patus (le patus est un espace commun qui n’est ni privé ni communal ; il est régi par les riverains en syndic. Ce sont d’anciennes pâtures servant à regrouper les troupeaux avant le départ pour les marchés voisins en bordure de la Roustinière).
Comme personne ne pouvait revendiquer le droit de propriété, personne ne pouvait les expulser et c’est ainsi que, de génération en génération, on les appela des Manouches (juste à cause de leur habitat) alors qu’ils ne comprenaient pas un traitre mot d’une langue étrangère à Saint-Roustan.
Les roues étaient bien donc superfétatoires et leur récupération devrait bien avoir quelque raison autre que l’immobilisation des remorques sans véhicules.
Les recherches de ces tonnes de roues continuent et se tournent maintenant vers l’usine…
Affaire à suivre…
ÉDITION PAPIER





















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