La Voix de la ZAD n°5

Comment le maire a fait pour sédentariser les manouches…

Au retour de la réunion pour la préparation du référendum qui devait décider de l’avenir du groupe les Habitants de Saint-Roustan, les manouches ont constaté que toutes les roues de leurs caravanes ont été volées.
On sait que le maire avait recruté tous ces « bénévoles » pour assurer la sérénité du scrutin en les utilisant pour mettre les électeurs en rangs à l’entrée du bureau de vote.

Sbires du maire ou nervis de l’autocrate ?

Pourquoi avaient-ils, tous, accepté si spontanément au grand étonnement des habitants, eux qui demeuraient à l’écart de la vie de la cité jusque-là ?
Quelques questions bien posées ont livré l’astuce du maire : il leur a promis la sédentarité sur le même site. D’aucuns se prêtaient à rêver d’un carré de jardin, une terrasse, et pourquoi pas des nains de jardin et un terrain de boules ?
La désillusion a été cruelle mais pas si mensongère : leurs caravanes, les essieux dans la boue, leurs maisons économisaient une marche et après tout ils n’étaient pas dépaysés puisque sédentarisés sur place.

Vaut-il mieux être dépaysé
ou déporté ?

Chez les anciens, on s’est vite souvenu de la capacité du maire à retourner des situations et on s’est contenté de recycler les marches en bancs autour du feu de camp.

Le groupe les Manouches de Saint-Roustan est devenu Amours de Saint-Roustan

Les jeunes connectés, eux, ont su que le groupe Les Manouches avait été renommé Amours de Saint-Roustan mais comme ça leur convenait, ils n’ont pas moufté.
Enfin un site de rencontres entre gauchos décomplexés !
C’est la même nuit que le saint a été barré mais ça c’est une autre histoire.
Elle a été rapportée par ailleurs.
Comment expliquer que non seulement les roues aient disparu, les essieux plantés dans la boue ?
On évoque une espèce de royaume d’essieu, mais c’est un peu tiré par les cheveux.

On a échappé de justesse à l’appellation Saint-Stan !

On a entendu Mimile se vanter à la Cave à Bites qu’il avait retransmis l’ordre formel du maire : « je veux un Saint-Roustan sans roues » aux volontaires de la milice mais que certains s’étaient mis à pourchasser des roux dans les rues du village.
Ils avaient déjanté.
Quand l’équipe du commando a ramené les roulettes des handicapés, des caddies sur supermarché, il a fallu reprendre les choses en main avant qu’ils ne démontent la roue du moulin…
Que de tels événements se produisent dans un village qui n’existe pas laisse perplexes les observateurs.

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