Boum n°2
Le souffle de l’indépendance
L’édito de Dany Norbert
Cher Jean-Christophe Tartin,
Quelle semaine !
Dans votre dernière édition des Échos, la journaliste Blandine Legland se félicitait de l’acquisition des principaux journals rassilariens par Vincent Ballaraie, et du fait que les « journalistes forcenés » du Saint-Roustan Post aient été interpellés, c’est très civique de sa part.
Nous n’insisterons pas auprès de vos « lecteurs et lecteuses », comme vous les appelez, sur le fait que « Blandine Legland » est totalement inconnue des registres de presse et qu’elle serait fort possiblement l’un de vos nombreux noms de plume, peu importe. « La rose, sous un autre nom, sentirait aussi bon », écrivait Shakespeare. La merde aussi.
« Elle » se félicitait aussi, avec toute la magnanimité qui la caractérise, que leur interpellation se soit déroulée sans heurts, tout en ajoutant espérer qu’elle leur aura « servi de leçon », c’est attentionné.
« Elle » se gardait bien cependant, étourderie sans doute, de préciser que la capitaine de la police, Véronique Génée, s’était réveillée dans la cellule des journalistes du Post avec le slip de Simon Wlesenthal sur la tête.
Sur sa lancée, « elle » en profitait pour rappeler une version qui vous est toute personnelle de la fameuse « Affaire Clairstring » qui m’a valu d’être mis au ban de la presse rassilarienne à l’époque.
Mais surtout, surtout, vous comme « elle » vous êtes bien gardés d’informer vos « lecteurs et lecteuses » de vos nombreux mails adressés à Eddy Planel, ex rédacteur en chef du Saint-Roustan Post, après l’acquisition de votre journal par le groupe Touhingo dont vous ne tarissez pas d’éloges aujourd’hui.
Nous dévoilons la copie de la dernière réponse qui vous a été apportée par Eddy Planel.
« Monsieur Tartin,
pour faire suite à votre dernier mail, nous vous réitérons notre refus pur et simple de vous compter parmi nos collaborateurs.
Il est inutile de nous harceler en nous envoyant des extraits des articles des pseudos journals dans lesquels vous écrites (et c’est rien de le dire !).
Le parcours que vous décrivez si complaisamment dans votre CV est parfaitement répugnant à nos yeux et vos recommandations parfaitement inadéquates.
Certes, nous comprenons que ce qui arrive à votre groupe de presse puisse vous tournebouler mais autant la clause de conscience joue en votre faveur (vous pouvez refuser un nouveau contrat avec votre nouveau repreneur et bénéficier d’indemnités de rupture), autant cette clause de conscience n’oblige pas un titre concurrent à vous embaucher.
C’est pourtant ce que vous insinuez en considérant que votre « plume » doit vous ouvrir toutes les portes que vous choisiriez.
Allez voir ailleurs si votre collaboration inexpugnable avec l’autocrate rassilarien ne répugne pas à d’autres horizons.
Merci de ne plus nous importuner. »
Eddy Planel
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ÉDITION PAPIER




















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