Notre Roustan n°6
LES BEAUX JOURS
On entend les pissandres fiflûter
Comme la Roustinière, la vie reprend son cours à Saint-Roustan.
Les habitants du quartier pavillonnaire du Petit Couloulier font sécher leurs linges et leurs enfants sur les étendoirs. Ça et là, quelques poissons-chats clapotent encore dans les flaques d’eau résiduelles du centre-ville, ceux que le pittoresque Dédé et son chien n’ont pas encore bectés. Au Square Childéric Maurice, on entend les pissandres fiflûter et les pissereaux cracotter gaiement en lâchant leurs fientes sur les promeneurs.
La boule jaune, qu’on n’avait pas aperçue depuis belle lurette, darde à nouveau ses feux sur les corps et dans les cœurs des Rassilariennes et des Rassilariens. C’est comme si « la Grande Explosion » avait appelé le printemps en même temps qu’elle a libéré Saint-Roustan du Déluge.
Au monument aux morts, sur lequel a été gravé en caractères gras : « Didier Pichard – Héros dévoué qui a donné son cul pour la cité », les passants s’arrêtent un instant de passer pour admirer l’absence de l’obus de 122 qui a sauvé le bourg.
« Un obus qui restera dans les anales », entend-on murmurer.
Pascal Savran
ANECDOTE
Le Grand Boum (ou « Big-Boom », comme disent certains) serait à l’origine d’une « inversion des pôles ». C’est du moins ce que nous a dit au téléphone Renaud Tarlu, célèbre à Saint-Roustan pour sa production de Beaujoliot nouveau.
Nous l’avons rencontré.
« Moi j’y connais rien en tectonique des plaques, d’ailleurs j’y connais rien en danse en général… Mais depuis le Grand Boum, j’ai remarqué que j’avais l’épaule gauche à la place de l’épaule droite. D’où l’inversion d’épaules comme je vous ai dit. »
Sacré Renaud Tarlu !
Édition papier


















