Le Saint-Roustan Post n°7
La fin du monde n’a pas eu lieu
Saint-Roustan, qui n’existait pas, continuera sa non-existence

Pierre Samson
Fin de la crue de la Roustinière
Un article confié au Saint-Roustan Post par nos confrères de Reporters Sans Visa
Cette nuit, qui devait sonner le glas de Saint-Roustan en voyant s’abattre sur la cité une vague de submersion fatale, a été le témoin d’un aqua-feu d’artifice salutaire, au cœur même du vortex de la Roustinière au pied du barrage.
Le rassilarien quadragénaire Didier Pichard, ingénieur-sonneur des cloches de l’Église-HLM de Saint-Roustan, a en effet provoqué l’émoi aux alentours de 4h00 du matin.
Didier, passionné, je cite, « d’engins dangereux à enfiler dans son cucul », s’était procuré un dernier « obustoy » qu’il lui tardait de s’insérer. Un obus particulier, et bien mal acquis, puisqu’il s’agissait du fameux « obus de 122 mm » dérobé au monument aux morts. « Un obus avec une histoire, avec quelque chose à raconter », avait-il confié à son ami et architecte anal Jean-Pierre Lavemandois.
Le problème de taille, n’étant pas un problème de fion mais plutôt un problème de fond, et plus précisément de fond de la Roustinière, est apparu selon l’enchaînement précis des événements successifs que je m’en vais vous décrire.
Selon le témoignage de Jean-Pierre Lavemandois qui accompagnait Didier Pichard.
Aux alentours de 2h12 du matin, galvanisé par l’euphorie, Didier décida de fêter sa nouvelle acquisition en cuisinant son plat préféré, le Chili Con Coucouilles, qu’il arrosa avec son alcoolyte Jean-Pierre, de quelque chose comme 3 bons litres de Triple-Schtoutz.
Lorsqu’ils furent tous les deux beurrés comme des p’tits Lu, vers 3h24, Didier annonça à Jean-Pierre qu’il était prêt à vivre son expérience prostatique sur-le-champ. Jean-Pierre aida donc Didier à s’enfiler l’obustoy dans le cucul, qui rentra comme prévu, comme papa dans maman. Fou de joie vibratoire par la sensation, Didier annonça à son alcoolyte son irrépressible envie d’aller nager tout nu dans la Roustinière en crue. Jean-Pierre, peu contrariant et encore plus beurré que Didier, accepta de le suivre en prévoyant de filmer la scène avec son téléphone.
Rendu tout en haut du barrage, Didier, après déshabillage intégral et trois hélico-bites plutôt bien réussis, consentit à faire le saut de l’ange pour atterrir dans le vortex tourbillonnant en faisant « une bombe », ce fut le cas de le dire, sous l’oeil avisé de lacaméra du téléphone de Jean-Pierre. Mais c’était sans compter le poids de l’obus que Didier avait oublié avoir dans le cucul. Le gogol, plutôt que de remonter à la surface pour y nager après avoir atterri dans l’eau, se mit à couler à pic. Au fond de l’eau, se rappelant qu’il avait mangé du Chili Con Coucouilles, Didier eut l’idée de péter un coup afin de se délester de son obustoy. Malheureusement, vers 4h00 du matin précises, son pet foireux déclencha l’obus, qui provoqua la terrible explosion qui fit vibrer tout Saint-Roustan, illuminant la nuit, et qui engendra l’immense brèche que nous pouvons à présent admirer en travers de feu le barrage.
Malheureusement pour nous, quand Jean-Pierre Lavemandois voulut nous montrer les images, il s’aperçut honteusement qu’il n’avait pas appuyé sur le bouton d’enregistrement et n’avait donc rien filmé du tout, et il s’aperçut également qu’il avait du vomi de coucouille sur sa chemise.
En plus de l’effondrement du barrage, l’explosion a provoqué l’affaissement du sol et totalement bouché les galeries souterraines dans lesquelles s’engouffrait la Roustinière, qui a ainsi pu se retirer telle une chasse d’eau et reprendre son cours initial, emmenant avec elle les eaux qu’elle avait laissées traîner un peu partout dans le village et, ainsi, le sauvant de la fin du monde.
Le maire Guilhem Maurice a dores et déjà annoncé que Didier Pichard, dont le corps n’a pas été retrouvé, se verrait prochainement attribuer un prix Nobel de l’Anus à titre d’hommage posthume.
Reporters Sans Visa
Pendant ce temps, le maire s’envoie en l’air ?
Ce matin aux alentours de 6h32, « notre bon maire » Guilhem Maurice a été aperçu atterrissant, en deltaplane, sur le deltaport du toit de la mairie enfin émergée. Interrogé, il a déclaré, bafouillant, « revenir d’un déplacement urgent qui requérait sa présence urgemment sur les hauteurs du Mont Pergalin où sa présence était requise d’urgence ».
Peut-être que la girouette culminant au sommet du Mont Pergalin ne savait plus dans quelle direction tourner ?
Ou peut-être, il ne paraît pas totalement idiot d’y croire, que « notre bon maire » aura préféré prendre les airs pour échapper au déluge, qui finalement point n’est venu ?
Youssef Staline
Édition papier :




















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