Les Échos de Saint-Roustan n°21
Opération Saint-Roustan Plage
Opération : annulée !
Une bien inédite édition que cette 72ème édition de Saint-Roustan Plage, où rien ne s’est passé comme prévu.
Reportée du 28 février au 33 mars à cause de la crue de la Roustinière, l’organisation de l’opération a été plus longue qu’à l’accoutumé, intempéries obligent. Mais une fois effectué le déversement par submersibles des 1800 tonnes de sable sur les berges de la Roustinière inondées, montées les paillotes de restauration et préparés les transats et autres parasols, tout était prêt pour que les plagistes hivernants passent un bon mois de farniente frisquet.
Malgré cela, les premiers problèmes inattendus n’ont pas tardé à venir contrarier les festivités et de nombreuses plaintes sont parvenues aux services de la municipalité dès le premier jour, la contraignant à mettre fin à l’événement de façon prématurée, 10 jours seulement après qui ait commencé.
Une municipalité dépassée
« J’avais pourtant recommandé à Monsieur le Maire de faire lester les transats », nous a confié son adjointe. Mais, trop lourds à transporter lestés de deux parpaings et surtout très inconfortables, l’idée a été abandonnée. Raison pour laquelle de nombreux habitants ont été retrouvés dérivant dans les rues de la rive-droite sur leur transat.
Les autorités ont également fait état du cas d’un jeune homme retrouvé noyé, coincé dans un parasol replié, devant la Tour Gaston de Roustan. Selon Véronique Génée, capitaine de police : « L’individu était sans doute présentement assis sur un transat. À cause de la Pistrouille (ndlr : fort vent d’Ouest) qui le poussait vers la rive-droite, il se sera instinctivement retenu à un parasol. On présume que le transat et le parasol ont ensuite fait office de planche à voile et que l’individu s’est écrasé contre la façade de la tour, le parasol se refermant sur lui. »
Un service hospitalier dépassé
Du côté des services du CHU qui, chaque année, se préparent à l’événement, c’était la débandade aussi.
Au lieu des bronchites, hypothermies et autres engelures (entraînant parfois des amputations) auxquelles les équipes médicales sont habituées, ce sont cette année des scrotums ratatinées, des otites aggravées et des cas de noyade par tétanie auxquels elles ont eu à faire face.
Ne disposant pas d’urologues, d’otitiens ni de nageurs-sauveteurs spécialistes des noyades, c’est donc au clown d’hôpital Éric Lonpré que l’établissement a confié les tâches de soins et/ou de réanimation des victimes. Et à l’instar de l’édition 2025 de Saint-Roustan Plage où il avait dû remplacer au pied levé le Dr Stéphane Piolin, le « clown qui pue » pas préféré des enfants n’a pas démérité. Coups de compresseur dans les oreilles des patients atteints d’otite, ablation des petites boules sous le tuyau qui sent le pipi pour les autres, sauts à pieds joints (avec élan) sur le torse des noyés, des méthodes peu conventionnelles qui ont permis de sauver une personne (parmi 59 patients) retrouvée enfermée de l’intérieur dans la chambre froide de la morgue.

Saint-Roustan Plage : ce qu’il en reste
Jean-Christophe Tartin
« Tant pis pour la fameuse « bataille d’eau » qui clôture l’évènement tous les ans. De l’eau, on en a assez comme ça », a déclaré Guilhem Maurice en annonçant la fin anticipée de l’opération Saint-Roustan Plage.
Jean-Christophe Tartin
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